Éclipse solaire du 1er septembre 2016




Jeudi 1er septembre 2016, l’île de La Réunion sera le théâtre d’un phénomène astronomique rare et impressionnant : une éclipse annulaire de Soleil, la Lune n’occultant que 95% du disque solaire.

Commençant au milieu de l’Atlantique, cette éclipse traversera toute l’Afrique équatoriale, atteignant le Gabon seulement 110 kilomètres plus loin au sud de la zone touchée par l’éclipse de 2013, passant ensuite par la république du Congo, la république démocratique du Congo, le sud de la Tanzanie et le nord du Mozambique.
Elle passera par le nord de Madagascar, puis la majeure partie (sud et centre) de l’île de la Réunion sera touchée par la zone nord de la bande annulaire (le maximum de l’éclipse annulaire à 10h10 TU à Saint-Pierre de la Réunion), pour finir dans l’océan Indien.

C’est la douzième du siècle, la première dans cette région du monde qui n’avait pas connu tel événement depuis au moins 160 ans. Le 1er septembre 2016, la Lune commencera à obscurcir le Soleil dans le golfe de Guinée (Atlantique) et sera ensuite visible tour à tour depuis l’Afrique équatoriale, le canal du Mozambique, le sud des Comores et Mayotte, Madagascar, La Réunion, pour finalement tirer sa révérence au sud de l’océan Indien. Tous ceux qui se trouveront sur cette bande dite de centralité, d’une largeur d’environ 100 kilomètres, pourront admirer — munis de lunettes de protection — un Soleil noir couronné d’un flamboyant anneau de lumière. Le spectacle entier durera 3h20. Tandis que la Lune occultera 95 % du disque solaire, l’ambiance se fera crépusculaire, le ciel sera de bronze, température et luminosité s’abaissant sensiblement. Ce sera aussi l’occasion d’admirer les « grains de Baily », un chapelet de perles brillantes créées par la photosphère (première couche de l’atmosphère solaire) perçant entre les montagnes et les vallées de la Lune.

Une éclipse, c’est le rendez-vous parfaitement synchronisé entre la Terre, la Lune et le Soleil, qui se trouvent alors exactement alignés. Une telle rencontre céleste dépend d’un grand nombre de facteurs et de fins ajustements astronomiques. Comme une toupie, la Terre tourne sur elle-même en quelque 24 heures autour d’un axe un peu incliné (environ 23°) et parcourt ainsi en 365,24 jours son chemin orbital autour du Soleil. La Lune, quant à elle, tourne sur elle-même et autour de la Terre en 27,3 jours. Tous les 29,5 jours, au moment de la nouvelle Lune, elle passe entre notre planète et le Soleil, situé à 150 millions de kilomètres de nous.

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Quand la Terre, le Soleil et la Lune sont alignés…

Mais les trois astres ne sont pas forcément bien alignés à chaque fois. La Lune, en effet, tourne autour de la Terre selon une trajectoire légèrement inclinée de 5 degrés par rapport au plan orbital de la Terre. Donc, la plupart du temps, elle passe un peu en-dessous ou au-dessus de la ligne des éclipses, le Soleil lui-même ne croisant la fameuse « ligne des noeuds » (celle qui autorise les éclipses) que deux fois par an… Lorsque enfin les trois astres sont alignés sur cette ligne, se produit ce phénomène rare et tant attendu de l’éclipse !

Pourtant, une éclipse n’est pas forcément totale, le disque apparent de la Lune ne couvrant pas forcément celui du Soleil dans son intégralité. Normal : installée sur une orbite elliptique, la Lune est distante de la Terre de 357.000 à 405.000 kilomètres. Tout est alors question de perspective : sachant que la Lune est 400 fois plus petite que le Soleil et qu’elle est aussi 400 fois plus proche de nous, leurs diamètres apparents sont presque égaux. Toutefois, selon l’éloignement de la Lune, son disque apparent couvre plus ou moins bien celui du Soleil, un peu comme lorsqu’on tend plus ou moins la main pour se protéger des rayons aveuglants de l’astre du jour. Et pour couronner le tout, notre propre planète décrit elle aussi une ellipse autour du Soleil, sa distance à son étoile pouvant varier de plus ou moins 5 millions de kilomètres ! Bref, autant de facteurs à intégrer à l’équation finale de l’éclipse, qui sera totale ou annulaire selon la distance des astres les uns par rapport aux autres.

Le 1er septembre 2016, la Lune sera trop éloignée de la Terre pour que son ombre couvre totalement le Soleil. Son diamètre apparent sera inférieur, rendant la partie externe de l’atmosphère solaire visible tandis que son coeur sera plongé dans l’ombre. Un scénario qui, dans un futur lointain, deviendra la règle. En effet — et n’en déplaise aux amateurs qui courent le monde pour les admirer —, les éclipses totales sont en voie de disparition ! « Déjà, nous comptons 4 éclipses totales pour 5 annulaires », précise Pascal Descamps, astronome à l’observatoire de Paris. En cause, l’éloignement progressif de la Lune au rythme actuel de 3,8 centimètres par an. Le phénomène des marées terrestres, qui déplace de grandes masses d’eau, exerce en effet une force gravitationnelle telle sur la Lune qu’il accélère son mouvement et l’entraîne loin de notre planète bleue, alors qu’elle était distante d’à peine 22.500 kilomètres lors de sa formation, il y a 4,5 milliards d’années. « Avec une telle vitesse et en tenant compte des variations de l’excentricité de l’orbite terrestre, la disparition des éclipses totales se produira dans 1,21 milliard d’années. La distance entre les deux planètes sera alors de 402346 kilomètres », calcule Pascal Descamps.

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