Macron assume qu’il veut voir l’Union Européenne prenne totalement le contrôle de la France.




Le président Macron a prononcé mardi un long discours devant des étudiants réunis à la Sorbonne, où il dévoile ses ambitions pour l’Union européenne. Une manière pour le président d’affirmer son rôle de chef de file européen, dans une période où l’avenir de l’Union semble de plus en plus incertain.

Quel type d’européiste est le président de la République ?

Macron veut concilier en même temps puissance européenne et souveraineté nationale. Selon lui, les Etats‑membres n’ont plus le choix. Confrontés au désengagement américain supposé de l’ère Trump, à l’affirmation de la Chine, mais aussi à la croissance exponentielle des flux migratoires et à la montée en puissance des géants du numérique, la France et les États européens seraient contraints de renforcer leurs liens. En cela, le président va donc plus loin qu’aucun de ses prédécesseurs n’a déjà été en matière de fédéralisme.

Au‑delà de la communication jupitérienne, y a‑t‑il de vraies propositions ?

Oui, le président veut faire des propositions concrètes. Il parle ainsi de constituer, en 2024 des « listes transnationales » pour l’élection des députés européens. Le président souhaite aussi une plus grande harmonisation fiscale, en particulier sur l’impôt sur les sociétés, d’ici à 2020. Il parle encore de renforcer les échanges universitaires « Erasmus », ou bien redonner un nouveau souffle à la défense européenne.

Mais en pratique de quels pouvoirs dispose réellement le président ?

Au‑delà des déclarations imposantes, Emmanuel Macron sera obligé de faire des compromis. Il lui faut déjà ménager ses partenaires, à commencer par l’Allemagne. Alors que le parti eurosceptique Afd vient d’accomplir une percée face à Angela Merkel, il n’est pas question par exemple de mutualiser les dettes en Europe. Il sera difficile aussi de faire accepter la création d’un véritable budget de la zone euro. Du Fonds européen de la Défense à l’Office européen de l’asile, en passant par un programme commun d’intelligence artificielle, la France est redevenue force de proposition en Europe. Mais les peuples, eux, ne semblent pas encore au rendez‑vous.

Source : blogdelazare.com

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