Dans une tribune au vitriol, le « New York Times » juge Emmanuel Macron comme « un président raté »




« Emmanuel Macron sera encore un président français raté ». C’est sous ce titre que le « New York Times » publie ce vendredi une tribune au vitriol signée de Chris Bickerton, professeur à l’université anglaise de Cambridge, où il enseigne la politique européenne. Quatre mois après avoir considéré le même comme « un nouvel espoir pour l’Europe », le prestigieux journal américain a fini de rêver.

L’éditorialiste admet qu’à l’étranger, Emmanuel Macron a contribué à restaurer l’image de la diplomatie française en se posant en égal de Donald Trump et de Vladimir Poutine. « Mais à la maison, c’est une autre histoire », indique Chris Bickerton à ses lecteurs américains. Rappelant d’abord l’été calamiteux que vient de traverser le président français en termes de notoriété (40 % d’opinions favorables à ce jour), le professeur de Cambridge souligne que « M. Macron n’a de toutes façons jamais bénéficié d’un large soutien populaire. Qualifié pour le second tour avec 24 % des suffrages, soit en dessous de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, il a remporté le scrutin  parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Une élection par défaut, suggère Chris Bickerton, pour lequel il y a plus grave que l’arithmétique électorale…

« Macron souffre du…macronisme »

Selon l’éditorialiste du NYT, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ». Il explique ainsi que « tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne. Une grande partie de son attrait provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de sa beauté et de ses compétences oratoires. Cette approche hyper-personnalisée a toujours présenté le risque qu’une fois le charme passé, il ne reste plus rien, ce qui est exactement en train de se produire ».

« Prolifération de CDD, stagnation des salaires: est-ce le futur que la France veut? »

Chris Bickerton évoque aussi le pouvoir « arrogant » tel que l’exerce Emmanuel Macron, son désir de « présidence jupiterienne », les accents « monarchiques » de la réunion du Congrès à Versailles.
S’agissant enfin la récente réforme du code du travail, le professeur met en garde sur  « les politiques économiques de M. Macron qui favorisent les employeurs par rapport aux travailleurs et éliminent ce qui reste de l’Etat-providence français. En matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays suggèrent que des résultats s’obtiennent  au prix de nouvelles inégalités. En Allemagne, les réformes du marché du travail ont entraîné une prolifération de «mini-emplois», un travail à temps partiel légèrement réglementé et qui a remplacé les emplois à plein temps dans certains secteurs. Dans le marché du travail hautement déréglementé de la Grande-Bretagne, les niveaux records d’emplois existent parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. Est-ce ce futur que la France veut? », interroge cruellement Chris Bickerton…

Source : ladepeche.fr

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